Villefranche et Beaulieu-sur-Mer
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Villefranche et Beaulieu-sur-Mer

Sur la Méditerranée, les hauts lieux du patrimoine architectural local…


Sur la Méditerranée, deux des hauts lieux du patrimoine architectural local… La station balnéaire célébrée par Jean Cocteau et le site Belle Epoque séduisent une clientèle internationale et fortunée. Les professionnels animent la visite. Propos recueillis par Laetitia Rossi.

Un caractere exclusif

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De gauche à droite, Christian Bovis de l’agence Générale Bovis (04 93 01 00 36) ; Thierry Pétoin de l’agence Bristol (04 93 01 00 86) ; Maya Quadras de l’agence Cap Riviera (04 93 76 86 95) et Dominique André de l’agence Coldwell Banker (04 93 76 76 76).

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420 m2 entièrement rénovés et 730 m2 de terrasse pour cette propriété de Villefranche. Prix supérieur à 6.000.000 €. Cap Riviera (04 93 76 86 95).

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Cette villa avec piscine d’inspiration Belle Epoque, sise à Beaulieu, offre 400 m2 (quatre chambres) orientés sur la mer. Entre 2.000.000 et 3.000.000 €. Coldwell Banker (04 93 76 76 76).

Christian Bovis de l’agence éponyme justifie le succès des deux cités. Des arguments à la hauteur de leurs prétentions, un passé riche, un avenir sous les meilleurs auspices.

La vraie Côte d’Azur, celle des Russes Blancs et ensuite des Britanniques, s’est véritablement développée entre Nice et Monaco. » A la fin du XIXe siècle, les aristocrates européens accourent. On cite Lord Salisbury à Beaulieu et Leopold II, roi des Belges, à Villefranche. A l’origine, la première est un lieu-dit de la seconde au même titre que Saint-Jean-Cap-Ferrat. Elle acquiert son indépendance en 1891, devenant ainsi la quatrième plus petite commune de France avec seulement 92 hectares, mais aussi le site le plus visité entre la capitale azuréenne et la Principauté grâce au train bleu. Si Villefranche possède une rade unique au monde et offre des vues plongeantes spectaculaires, Beaulieu fonctionne comme un pôle urbain dynamique avec d’excellentes infrastructures. La ville limitrophe de Nice est en pente, elle présente de nombreuses villas, Le Castelet, un domaine fermé et gardé, et des résidences avec piscine, contrairement à Beaulieu qui n’en recense que trois (Les Floralies, La Villa Borghese et La Villa Farnesina). Elle accueille 7400 habitants, contre 3600 chez son voisin. Beaulieu, ville à la configuration plate, arbore deux quartiers de renom : le boulevard Edouard VII et la Petite Afrique, appellation en référence aux bananiers qui la peuplent. A Villefranche, compter un prix d’appel de 1.200.000 € pour 200 m2 sur 1500 m2 de terrain et un plafond, hors exception, de 18.000.000 €. Pour Beaulieu, prévoir 1.500.000 et 22.000.000 € à critères équivalents.

L’option appartement

Qui n’a jamais rêvé de ce pied-à-terre entre ciel et mer, de résidence à l’architecture travaillée ou d’un dernier étage orienté sur la rade ? Thierry Pétoin de l’agence Bristol développe…

6500 € en moyenne au mètre carré avec vue mer, terrasse et stationnement », annonce d’emblée le spécialiste, avant de préciser que sur le segment de l’appartement « l’adéquation entre la mise à prix et le montant réel de la vente est quasi totale ». Signe de bonne santé, la fluidité du marché est renforcée par la percée récente de la clientèle russe, jusqu’à lors retirée sur le Cap Ferrat et très prompte en affaires. On compte également des Italiens, des Anglais et des Irlandais. Les Français ne représentent que 30 % des acheteurs. Un chiffre justifié par un niveau de coût élevé. En 2005, les valeurs se sont stabilisées, après avoir pris entre 10 et 15 % par année depuis l’an 2000.

Dans un souci de précision, il convient de signaler que le prix plancher se situe à 3700 € du mètre, sans la vue. La majorité des transactions oscille entre 5000 et 7000 €, mais cela peut aller, à titre exceptionnel, jusqu’à 17.000 €. On évoque souvent, à Beaulieu, Le Bristol, La Villa Farnesina et Stella Maris ; La Reale et La Résidence du Cap, à Villefranche. La vue constitue le principal argument de vente de la cité villefranchoise, où l’on préfère l’adresse sur les hauteurs à celle dans la vieille ville, Beaulieu est choisie pour son aspect pratique.

La rareté caractérise le secteur (peu de programmes neufs et de possibilité d’étendre le bâti) et explique le dynamisme insufflé par une demande intarissable.

Le charme de la villa

Selon Maya Quadras de l’agence Cap Riviera, posséder une propriété sur la partie est de la Côte d’Azur constitue un luxe inestimable. Gros plan sur un secteur marqué par la rareté.

Etrangère à 90 %, en grande majorité nord-européenne, la clientèle de la villa place la vue au centre de ses priorités. Elle opte pour le principe de la résidence secondaire. Le produit moyen affiche un panorama mer, développe 300 m2 de surface habitable sur 1500-2500 m2 de terrain, en pente à Villefranche, parfois plat à Beaulieu, et nécessite souvent un rafraîchissement. 200 m2 avec jardin, piscine et vue mer s’acquièrent à 2.500.000 € minimum. L’essentiel des transactions évolue entre 3.000.000 et 5.000.000 €. La tranche haut de gamme peut dépasser les 20 millions d’euros pour une demeure aux prestations exceptionnelles. Depuis 2000, les valeurs ont parfois doublé, aujourd’hui le phénomène se stabilise. A Villefranche, il s’avère aisé de trouver des biens disponibles à la vente, à Beaulieu, la tâche semble plus difficile. Conséquences logiques au vu des superficies respectives. Celui qui déniche un terrain à bâtir peut s’estimer chanceux.

La nature a particulièrement bien doté les deux cités, la Grande Bleue devant, la côte et sa sublime découpe, les Alpes, derrière. L’histoire a également gâté leur patrimoine architectural, préservé par des règles d’urbanisme sévères : Beaulieu accueille de magnifiques représentations Belle Epoque. Les Provençales misent sur une intégration sobre et la part, certes anecdotique, des contemporaines vaut le détour.

Le Belle Epoque

Vingt-cinq ans seulement d’existence, entre 1889 et 1914, le mouvement empreint de liberté a laissé des traces sublimes. Dominique André de l’agence Coldwell Banker l’évoque.

Explorer des boulevards nouveaux », dans chaque ligne, volume ou courbe, la volonté créative des architectes de la Belle Epoque s’exprime. Ce courant de contre tradition emprunte à la nature ses sources d’inspiration, mêle l’orientalisme, le gothique et le florentin et privilégie la couleur, le verre et le fer. Il honore la fantaisie et la légèreté et s’autorise toutes les audaces. Les demeures de la Belle Epoque ont souvent été transformées en bâtiments publics, hôtels ou copropriétés, mais quelques entités ont su conserver leur vocation première. Moins représentative du genre, Villefranche accueille pourtant La Leopolda et son parc de huit hectares, ayant tour à tour appartenu au Roi des Belges et à Agnelli, le PDG de Fiat. Beaulieu se montre en revanche plus prolixe sur la question et est souvent citée en référence.

Il y a véritablement une clientèle pour le Belle Epoque, souvent d’origine russe, britannique ou scandinave. Elle apprécie la conséquente hauteur sous-plafond, les grands volumes, les généreux espaces de circulation et l’élégance du style. Elle raffole des corniches sculptées, des arcades et des fresques. La rareté fait son prix et l’on n’obtient rien pour une somme inférieure à 2.500.000 € en matière de villa. Moins recherché à cause de l’absence de terrasse et de garage et des travaux souvent nécessaires, l’appartement se situe en moyenne entre 6500 et 7000 € le mètre carré.


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