Vent d’optimisme  sur la Croisette
Vent d’optimisme sur la Croisette
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Vent d’optimisme sur la Croisette

Alors que le célèbre littoral cannois se refait une beauté, il séduit plus que jamais les fortunes du monde entier. Même les Français, plus timides au cours des derniers exercices, ne résistent pas à la prestigieuse adresse, à ses boutiques de luxe et à ses vues imprenables sur la baie, les îles de Lérins et les plages de sable.


L’artère bordée de palmiers et de pins doit sa configuration actuelle au maire Barbe qui, en 1853, obtient sa concession et avec elle le droit de procéder à son élargissement, bien décidé à convaincre les riverains du charme de cette nouvelle balade. L’aristocratie anglaise accourt, alors que le train arrive à Cannes en 1866. Le boulevard, objet de toutes les convoitises, s’allonge et s’agrandit au fil des décennies sans jamais rien perdre de son aura. Trois kilomètres que se partagent hôtels de luxe, casinos et boutiques branchées. Preuve du succès intemporel de l’une des adresses les plus médiatisées de la planète grâce au Festival International du Film, Knight Frank vient juste de vendre sur plan le penthouse de la résidence neuve First Croisette dont le prix était annoncé à 70.000 €/m2. Plus de 300 m2 en surplomb des marches du Palais et de la Méditerranée.

« Quelle que soit la santé du marché cannois, La Croisette sort toujours son épingle du jeu. L’offre y est limitée et la demande, soutenue », introduit Christie Larnicol de Magrey & Sons. « Mais les transactions se concluent désormais au bon prix. La clientèle recherche des biens en parfait état aux standards internationaux, des appartements rénovés, décorés, meublés et entièrement équipés jusqu’au linge de maison et aux bougies. » Récemment, de nombreux Parisiens troquent leur grande superficie dans la capitale contre un simple pied-à-terre pour garder un lien avec leur ville d’origine et un appartement sur La Croisette de deux à trois chambres entre 2 et 3 M €. Des investisseurs s’intéressent, ensuite, au First Croisette, une résidence contemporaine, avec spa et conciergerie, attendue fin 2020 face au Palais des Festival, prêts à payer entre 30.000 et 40.000 €/m2 en échange des quatre pièces sis dans les étages courants. Ils obéissent à trois moteurs principaux : la perspective de récupération de TVA pour les loueurs meublés professionnels, la rentabilité locative plusieurs semaines/an et l’indéniable valeur patrimoniale de leur acquisition. Enfin, des quadragénaires et des quinquagénaires visent l’achat plaisir sans pour autant renoncer aux revenus ponctuels générés par le très prisé littoral cannois.

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Dans le prolongement de La Croisette face au vieux port et aux Îles de Lérins, ce penthouse entièrement meublé offre près de 200 m2 (quatre suites). 5.390.000 €. Magrey & Sons (04 92 98 98 22).

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Ce cinq pièces rénové du cœur de La Croisette développe 214 m2 habitables (quatre suites) et plus de 162 m2 de terrasse sur la Grande Bleue. 8,5 M €. Engel & Völkers Côte d’Azur (04 93 68 64 72).

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Au sein de la Résidence Henri IV avec gardien, ce magnifique quatre pièces entièrement rénové profite d’une profonde terrasse orientée sud, d’un parking et d’une cave. 3.250.000 €. Marly Privilège (04 93 94 07 06).

« La majorité des biens sont vendus clé en main. Et à l’instar du vaste projet de rénovation urbaine qui a cours en contrebas, les copropriétés de La Croisette prennent un bain de jouvence », confirme Marie-Claire Sangouard Directrice d’Engel & Völkers Côte d’Azur. « Aujourd’hui, les acheteurs veulent profiter immédiatement de leur achat et éviter la fastidieuse aventure des travaux. Si les biens de 70-80 m2 partent entre 1,5 et 1,9 M €, le marché des généreuses superficies au-delà de 200 m2 témoigne d’une réelle vigueur justifiant des transactions entre 4 et 7 M €, voire au-delà pour des toits-terrasses. Cet appartement de 214 m2, prolongé par une terrasse de 160 m2 bénéficiant d’un sublime panorama azur, présenté à 8,5 M €, suscite de nombreuses visites. Tous apprécient le « tout à pied », le prestige et la facilité du lieu. Si les Français effectuent leur grand retour, la ligne aérienne Pékin-Nice ouvre de nouvelles perspectives. 95 % des acquéreurs visent la résidence secondaire. Les séniors allongent la durée de leurs séjours sur place. Les plus jeunes mettent leur pied-à-terre de vacances à la location en mars, mai et juin, des mois particulièrement propices grâce aux congrès et festivals, et parfois quelques semaines en été. Le dernier trimestre 2019 se révèle de bonne facture, à l’image de l’année, exceptionnelle à Cannes et dans le sud en général. Terminé la saisonnalité de l’activité. Désormais, le renouvellement incessant de la clientèle lui assure un dynamisme en continu.

« L’engouement pour La Croisette s’inscrit dans la tendance au rapprochement persistant vers les centres-villes », complètent Christelle Jonneskindt, Renaud Espitallier et Bruno François de l’agence Marly Privilège. Les prix varient en fonction des qualités intrinsèques du bien, de l’état de la résidence, de l’étage, de la vue et de la présence d’un parking et/ou d’un extérieur. Situés à 15 mn à pied des commerces de la rue d’Antibes, Port Canto et Palm Beach séduisent les acheteurs en résidence principale, en quête de calme, d’intimité et de verdure. Le mètre carré s’échelonne entre 14.000 €, soit la fourchette haute de La Californie, et 30-35.000 € pour des références d’exception. Le projet de rénovation en cours du Palm Beach ne devrait pas manquer de dynamiser le marché de la pointe Croisette et de ramener une nouvelle clientèle. Le secteur Palais des Festivals-Martinez démarre à 20.000 €/m2 pour atteindre 50.000 €/m2, la somme requise pour des penthouses d’architecte avec terrasse-jardin et piscine privative.


Ecrit par
Laetitia Rossi