Destination Mougins
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Destination Mougins

La cité joue la carte du résidentiel et de la propriété individuelle.


À proximité de Cannes et de Grasse, la dynamique cité joue la carte du secteur résidentiel et de la propriété individuelle.

L’une des communes les plus grandes de France », entend-t-on dire à propos de Mougins. L’idée que l’on se fait alors tranche radicalement avec la réalité. Marché de la villa par excellence, la ville, occupée sur 18 % de son territoire par la technopole de Sophia-Antipolis, accueille bien plus de végétaux que d’habitations. Le parc forestier de la Valmasque prend possession de 427 hectares. Seulement 16.287 habitants se partagent l’espace. Le vieux village culmine à 260 mètres et offre une vue sur la baie de Cannes, les îles de Lérins, Grasse et les Alpes. Deux golfs, quarante restaurants et un lien étroit avec les arts et la culture. Picasso, Cocteau, Paul Eluard, Man Ray, Churchill, Edith Piaf, Jacques Brel, Christian Dior et Catherine Deneuve ne s’y sont pas trompés : tous y ont acquis un bien.

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Depuis l’allée de réception, on devine difficilement la configuration du lieu. Puis, on découvre l’immense terrasse dallée, l’élégante piscine et la vue sublime sur la baie de Cannes, La Napoule et le massif de l’Estérel. Construite dans les années 70, cette bâtisse moderne, de 400 m2 (trois chambres) répartis sur deux étages, a fait l’objet d’une complète rénovation. Chaque niveau s’articule autour d’un salon, spacieux et hyper graphique dans la conception. Côté matériaux, l’ardoise, le bois et le stuc jouent les dégradés de teintes. Amis et gardiens disposent d’appartements indépendants. 5.000.000 €.

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Direction Les Parcs de Mougins. On pénètre dans cette propriété de 600 m2 par l’arrière. Depuis son salon, on contemple le jardin de 4870 m2, sa piscine, sa cascade et ses enrochements décoratifs. De plain-pied à première vue, la demeure présente en réalité un second étage qui abrite l’appartement de maître et un niveau inférieur, partagé entre les deux studios d’amis avec cuisine individuelle, la cave à vins et l’espace sport et détente. Décorée façon bateau, la salle de billard s’ouvre par des hublots sur le fond de la piscine. A l’intérieur, le volume reste la priorité. 3.400.000 €.

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Si l’architecture emprunte son inspiration au style méditerranéen, on ne peut pas nier les accents coloniaux de cette bâtisse de 484 m2 répartis sur trois niveaux. Appréciable, le volume du salon ; original, l’aquarium qui occupe tout un pan de mur. Le terrain de 6000 m2 accueille également une seconde maison de 150 m2 (quatre chambres) avec piscine et portail privatifs. 2.700.000 €.

Christian Monnier de l’agence Europa élimine d’emblée le segment de l’appartement. Seuls Tournamy et Mougins le Haut en accueillent. Mais au vu de l’ensemble du marché, leur part reste anecdotique et concerne les locaux. Compter 3000 e le mètre carré pour le premier, entre 3000 et 4000 e pour le second. L’essentiel de la demande porte donc sur la villa. La cote des quartiers dépend d’un élément majeur, devenu problématique dans ce carrefour routier traversé par la pénétrante et l’autoroute : le bruit. Ainsi, le calme constitue une denrée rare et ne représente que le tiers de la surface totale de la commune. Arrivent en tête le Redon et les Colles, des zones à 10.000 m2 avec un COS de 4 %. Les propriétaires, dont le fils de l’Emir du Qatar, y ont souvent acheté plusieurs lots. Très apprécié aussi, le Chemin de Pigranel. Sans doute l’un des coins les plus agréables grâce à l’absence de nuisance sonore, aux vues mer et village et aux expositions sud et sud-ouest. Une villa de 250 m2 sur un hectare de terrain affiche un prix de 2.500.000 €. Le même bien avec le panorama Méditerranée peut atteindre le double. A Mougins, le principe du domaine fermé et gardé a particulièrement pris. On cite souvent Les Terres de Pigranel et Le Domaine des Collines pour leur vue mer. Récemment une villa de six chambres sur 7000 m2 de terrain s’est vendue à 2.200.000 €. L’un des ensembles les plus courus demeure incontestablement Les Parcs de Mougins, qui proposent des prix compris entre 2.000.000 et 4.000.000 €, à trois exceptions près. Intéressant également, Le Domaine de la Chapelle Notre-Dame-de-Vie, une zone à 7000 m2 avec des coûts compris entre 2.500.000 et 3.000.000 € pour 400 m2 habitables. Reste Le Domaine de Ranguin, dont les principaux arguments sont la taille des terrains et la proximité de Cannes. Ce dernier ne remporte pourtant pas le succès escompté à cause du quartier limitrophe, considéré comme moins résidentiel, et du passage des avions de l’aéroport Cannes-Mandelieu. On parle aussi du Domaine de la Roseraie et de Saint-Bazile ; prévoir entre 900.000 et 3.500.000 €. Viennent ensuite les cent cinquante villas de La Peyrière, plus abordables pour les actifs locaux. Ces propriétés, construites dans les années 60, se vendent entre 800.000 et 1.500.000 €. Depuis 1990, la ville compte désormais avec le secteur du Royal Golf. Le niveau technique du complexe sportif et l’amélioration des infrastructures d’accès ont permis le développement de cette partie située à l’ouest.

Le vieux village fait figure de cas isolé dans le paysage immobilier mouginois. Si le luxe arboré ne fait aucun doute, le nombre limité de villas empêche de l’introduire dans le classement. Il se divise en deux parties. La moins recherchée donne sur la pénétrante ; l’autre abrite de magnifiques propriétés : La Grace Dieu - 7000 m2 de terrain, avec vue mer et Estérel, accessible à pied depuis le village - Le Relais des Postes, La Chapelle San Sébastien… La moyenne de prix pour le bien provençal dit classique se situe à 3.000.000 €. Les belles demeures valent entre 5.000.000 et 8.000.000 €.

« La clientèle, étrangère à 80 % sur le haut de gamme, vient tout au long de l’année », constate Anne-Marie Garcin de l’agence Michaël Zingraf. Difficile donc de conclure à un marché de la résidence secondaire. Ces personnes, âgées de quarante à soixante ans, issues du monde des affaires, vont jusqu’à effectuer les allers-retours afin de conjuguer leur désir de vivre à Mougins avec leurs exigences professionnelles. Ainsi, le CIV, lycée international, a vu ses effectifs passer de 1700 à 2600 en dix ans. Très recherché également pour son cursus anglo-saxon, le Mougins School. La ville attire aussi des amateurs de golf. De manière générale, la clientèle préfère les produits parfaitement finis aux biens à rénover et les gardent cinq ans en moyenne. Elle apprécie la proximité de Cannes, les prix inférieurs de 30 % par rapport à la Cité des Festivals, et les espaces verts, une volonté qui devrait être maintenue dans le PLU en cours d’élaboration. Contrairement à ses voisins du littoral, elle ne raffole pas du marbre et des colonnes mais préfère le style bastide ou vieux mas en pierres apparentes. Son origine nord-européenne justifie enfin ses souhaits pointus en matière de domotique. Daniel Conti de l’agence Mougins Prestige indique que la tendance opérée en début d’année tend à se confirmer : seuls les biens au prix du marché se vendent. La rationalité des coûts et l’absence de nuisances majeures permettent un temps de réalisation extrêmement rapide. La demande est présente et très agressive dans ses offres. Le marché s’avère équilibré avec un léger penchant en faveur des acquéreurs. De 800.000 à 1.000.000 €, les clients obtiennent souvent l’ouest de la ville. Entre 1.500.000 et 2.500.000 €, il y a beaucoup d’acheteurs, mais peu de produits qui répondent à leurs exigences. Au-dessus de 4.000.000 €, on enregistre moins de demandes et un choix varié. En terme de record, les prix dépassent 15.000.000 €, pour plusieurs hectares et un niveau exceptionnel de prestations. On conclut encore quelques affaires : à court terme, dans le cadre d’achat, rénovation, vente ; à moyen terme, en réalisant directement la construction sur un terrain obtenu à un bon prix.

Par Laetitia Rossi - Photos Edith Andreotta


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