L’extérieur possède à la fois la majesté des domaines et le charme bucolique de l’arrière-pays. Ici, une sublime piscine et une double orientation sur Saint-Paul et la Colle-sur-Loup. Là, un potager à l’abri de haies et un verger. Des trembles plusieurs fois centenaires côtoient une pelouse sophistiquée. Les parterres de buis mènent au porche voûté rehaussé de pierres apparentes. L’authenticité mâtine l’élégance…
Le rez-de-jardin rappelle la Provence avec ses murs patinés, sa terre cuite au sol et sa cuisine. Le premier niveau emprunte quelques accents au nord de l’Europe et la salle de billard est d’inspiration britannique. Dans le salon, le second de la demeure : des antiquités, des rideaux à crinoline et toujours du bois. Sous forme de poutre, d’encadrement ou employé dans le mobilier, il réchauffe l’atmosphère.
Toutes différentes, les chambres ont en commun une certaine idée du confort… sobre, cosy et raffiné.
Carnet : Surface totale : 650 m2 (quatre chambres, six possibles) plus une maison de gardiens sur un parc de 1,4 ha, à La Colle-sur-Loup. Cette propriété est présentée à la vente à 5.500.000 €.
Contact : Capital Immobilier (04 93 59 72 72).
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Visite d'une demeure de maître
« L’une des plus imposantes propriétés du coin », murmure-t-on du côté de la Colle-sur-Loup. A l’abri, derrière de hautes haies, la villa, aujourd’hui à la vente, se prête au jeu de la visite.
Sur la route principale de la Colle-sur-Loup, à quelques mètres des grands magasins, un portail discret semble renfermer des secrets ancestraux. A peine franchi, on est happé par un parc de 1,4 ha. Sur la gauche, taillé aussi précisément qu’un jardin à la française, un enclos végétal dissimule un potager. A l’opposé, adossés au court de tennis que l’on aperçoit à peine, des abricotiers, des pommiers, des poiriers et des figuiers s’épanouissent dans un sublime verger. L’aménagement central cadre avec l’idée que l’on se fait d’une belle propriété sur la Côte d’Azur : la bâtisse, souveraine avec ses 650 m2, l’espace piscine, majestueux, et le pool-house, parfaitement intégré.
Il convient d’emprunter un porche de pierre, sous le regard sévère d’un chevalier en armure, clin d’œil amusant à un glorieux passé. Les styles se mélangent, mais la dominante reste provençale. Terre cuite au sol, patines au mur, dont la teinte évolue au gré de la visite. Dans l’entrée, éclairée par un lustre de fer forgé, deux options : accéder aux étages ou prendre la direction des pièces à vivre. Parallèles à la piscine, la bibliothèque, tout de bois conçue, la salle à manger, le séjour et le bureau communiquent sans pour autant renoncer à leur part d’intimité, rendue par les portes en arcades et les multiples jeux de perspective. Dans une atmosphère jaune pâle, poutres apparentes, épais rideaux de velours et feu de cheminée ajoutent à la chaleur de l’ensemble. La présence de deux salles de bains à ce niveau indique des aménagements. Lorsque le précédent propriétaire acquiert cette demeure dans les années 70, il confie la rénovation à André Svetchine. Une décoration que l’actuel maître des lieux se contente de rafraîchir. La cuisine mise sur l’espace. Ici, une gazinière signée La Cornue, là, des céramiques aux accents portugais.
Plus pittoresque encore, le premier niveau débute par une salle de billard réalisée dans la pure tradition. Le grand salon donne sur Saint-Paul. Quant au bar patiné de rose, il constitue une rupture visuelle nette. Deux escaliers parallèles conduisent aux niveaux supérieurs. D’un côté, l’appartement de maître et sa configuration circulaire permettant une triple orientation sur Saint-Paul, le parc et La Colle. L’endroit s’habille de tissu tendu aux motifs Belle Epoque. De l’autre, une deuxième chambre avec salle de bains et espace jeux. Une troisième, dans les tons de gris, table sur un charme cosy d’obédience britannique. Si la base s’avère méditerranéenne, l’Europe du Nord s’invite sur le mobilier. Les chandeliers monumentaux, les doubles rideaux à crinoline et leurs embrasses baroques, les chapiteaux et les pièces d’antiquité dorées à la feuille d’or, rappellent une époque révolue. Les salles de bains méritent une mention spéciale. Revues à l’heure du psychédélique, l’une ose la pierre de lave bleu électrique, celle de maître, le « tout violet », deux autres, le jaune et le bordeaux, et la plus étonnante, le damier rouge et noir, rompant ainsi avec le lit à baldaquin de la chambre qu’elle accompagne. La peinture, les différentes hauteurs et ondulations du plafond et l’éclairage créent le relief. La colonne souligne, la moulure termine… Autant de détails architecturaux qui différencient cette villa de ses voisines.
Les extérieurs bénéficient d’un soin particulier. La pelouse se répand entre les grands arbres. Parmi eux, les trembles dont les feuilles vertes et grises bruissent au rythme du vent. D’élégantes boules de buis ponctuent les terrasses. Le lierre grimpe sur le puits et une immense cage de fer forgé vient renforcer le cachet suranné.
Difficile de connaître avec précision l’origine du lieu. Sur la route de l’Impôt du Sel, il aurait appartenu, au XVIe siècle, à des moines. La partie droite de la maison, celle avec la tour, date de cette période. L’autre aile aurait été édifiée au XVIIe siècle. Le domaine comprend alors trente hectares et l’on prétend qu’il aurait accueilli les écuries du Château de Montfort.
Par Laetitia Rossi - Photos Edith Andreotta
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