Piero Fornasetti, la folie pratique

Présentée dans la grande nef des Arts Décoratifs, cette exposition regroupe plus de mille pièces signées Piero Fornasetti (1913 - 1988), un décorateur de génie, maître dans l’art de l’ornement, du trompe l’œil et de l’illusion.

Tema e Variazioni
Assiettes en porcelaine représentant une variation du visage de la cantatrice Lina Cavalieri (350 versions, entre 1950 et 1980).

Tema e Variazioni

Assiettes en porcelaine représentant une variation du visage de la cantatrice Lina Cavalieri (350 versions, entre 1950 et 1980).

Tema e Variazioni

Angolo Antico con Eva

Paravent 2 x 2 m, lithographie sur bois peinte à la main, 1952.

Angolo Antico con Eva

Trumeau Architettura

Cabinet, lithographie sur bois, 1951.

Trumeau Architettura

Dessinant chaque jour dès l’enfance, Piero Fornasetti s’est toujours qualifié d’auto-didacte. Contre l’avis de sa famille, il s’inscrivit à l’Académie des Beaux-Arts de Brera en Italie, mais en fut exclu deux ans plus tard pour insubordination. C’est alors dans l’atelier de son père, qu’il expérimenta les techniques de gravure et d’impression. Très vite, sa virtuosité lui permit de travailler sur tous types de supports : papier, céramique, verre, cuivre et textiles. En 1933, lors de la Triennale de Milan, l’architecte Gio Ponti repère son talent. Leur collaboration débute en 1940, autour d’une série de luminaires. Ensemble, ils réalisent des projets excentriques : les couvertures des revues Domus et Stile, du mobilier tel que le Cabinet Architettura en 1951 et de nombreux décors. Extrêmement prolifique, Piero Fornasetti a créé des affiches, objets publicitaires, logos, accessoires de mode, du mobilier ainsi que ces célèbres assiettes dont le motif est une variation du visage rond de la chanteuse lyrique Lina Cavalieri. Il en existe pas moins de 350 versions, devenues mythiques. L’exposition présente les grands thèmes de l’œuvre du designer et son univers décoratif théâtralisé : sujets empreints de poésie et de fantaisie, trompe-l’œil d’illusions, paysages métaphysiques, figures décalées de la Commedia Dell’arte, visages énigmatiques et lunaires déclinés en multiples variations recouvrant des foulards, du mobilier, de la vaisselle… Déjà présentée à Milan en 2013, cette exposition est la première rétrospective jamais consacrée à cet artiste en France.

Par Radia Amar